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Face au manque d'attention d'un enfant, les parents se posent souvent beaucoup de questions, surtout si l'enfant est atteint d'un TDA/H. Nous tenterons ici de répondre à certaines questions plus fréquentes pour vous guider dans votre cheminement.
Voici donc les principales questions soulevées par cette problématique :
Comment sait-on si notre enfant a un trouble d'attention ?
- D'abord, il faut définir ce dont nous parlons. Il existe un diagnostic qui s'appelle : Trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité (TDA/H). Pour qu'un enfant soit diagnostiqué ainsi, plusieurs critères sont nécessaires. On retrouve ces critères (symptômes) dans un manuel appelé le DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manuel : fourth edition).
- Environ 3% à 6% des enfants répondent aux symptômes du TDA/H selon ce manuel.
- Cependant, votre enfant peut avoir des difficultés d'attention ou d'autocontrôle sans pour autant être atteint d'un TDA/H. On ne peut pas dire qu'il a un " trouble d'attention " mais il a alors simplement des difficultés d'attention.
Qui peut diagnostiquer un TDA/H ou des difficultés d'attention ?
- Au Québec, depuis l'an 2000, le Collège des médecins et l'Ordre des psychologues ont émis ensemble des lignes directrices qui suggèrent que le diagnostic de TDA/H soit émis suite à une double consultation auprès d'un médecin et d'un psychologue.
- Il existe différents endroits où l'on peut retrouver des personnes compétentes pour faire le diagnostic : hôpitaux (service de pédopsychiatrie), CLSC (équipe de santé mentale des jeunes) et certaines cliniques privées.
- En aucun cas le diagnostic de TDA/H ne peut être émis par un enseignant ou un autre intervenant travaillant avec votre enfant sans l'apport d'au moins un psychologue ou un médecin, et normalement les deux à la fois.
Est-ce que le TDA/H est une maladie ?
- Voilà une question compliquée. Le débat est ouvert sur cette question parce qu'il faut d'abord définir ce qu'est une maladie.
- Pour plusieurs médecins, une maladie, c'est ce qui nécessite une médication. Dans ce cas, on peut dire que le TDA/H est une maladie.
- Pour d'autres médecins, une maladie est une dysfonction biologique. Dans ce second cas, il est difficile de conclure si le TDA/H est une maladie puisque les recherches actuelles ne sont pas claires à savoir si le TDA/H vient d'une dysfonction biologique, d'une différence génétique ou d'un manque génétique. Alors, dans ce cas, on ne peut pas répondre à la question.
- Finalement, certains autres médecins considèrent que le TDA/H est une différence neurologique qui n'est pas une maladie.
- Chose certaine, chez plusieurs enfants atteints d'un TDA/H, la médication est nécessaire et donne de bons résultats pour les aider à mieux fonctionner à la maison, à l'école et avec les amis.
Pourquoi donne-t-on du Ritalin aux enfants ?
- D'abord, il faut savoir qu'il existe différentes médications qui sont utilisées pour les jeunes atteints d'un TDA/H. Le Ritalin est simplement mieux connu car il a été le premier utilisé à grande échelle et son utilisation a été très médiatisée.
- Sans entrer dans une explication approfondie de la question, disons qu'il existe trois types de médications :
- Les psychostimulants : Ritalin, Concerta, Méthylphenidate.
- Les dextroamphétamines : Dexédrine et Adderall
- L'Atomoxetine : Stratterra
- Toutes ces médications ont un effet un peu similaire. Au contraire de ce que la rumeur publique prétend, ce ne sont pas des calmants. Il s'agit de composés chimiques qui viennent augmenter ou améliorer la production de certains neurotransmetteurs dans le cerveau de l'enfant. Un neurotransmetteur est un médiateur chimique produit par le cerveau qui a comme fonction de transmettre les messages d'un neurone à l'autre.
- Donc, on donne une médication aux enfants atteints d'un TDA/H pour augmenter la production de certains neurotransmetteurs dans leur cerveau. Soit ces neurotransmetteurs sont insuffisants ou encore ils fonctionnent mal. Les recherches dans le domaine ne sont pas finales à ce sujet.
Y a-t-il des effets secondaires à la prise de médication ?
- Pour le moment, toutes les études dans le domaine montrent qu'il n'y a pas d'effets secondaires significatifs à long terme. Une étude en particulier, intitulée "Multimodal treatment study of children with ADHD (MTA study)", faite par l'Institut américain de santé mentale et physique (NIMH), s'est penchée sur cette question en faisant une étude sur plusieurs années avec des jeunes prenant une médication pour le TDA/H. Selon les résultats de cette étude (qui n'est pas financée par les compagnies pharmaceutiques), aucun effet secondaire physique significatif n'a été trouvé chez les enfants ayant consommé ces médications sur une période de plusieurs années.
- Par contre, il est bien connu que des effets secondaires à court terme existent chez certains enfants, comme la diminution de l'appétit, qui est le plus fréquent, les difficultés d'endormissement qui sont aussi communes, une certaine irritabilité au tout début de la prise de médication est parfois constatée, etc. Par contre, chez la grande majorité des enfants, ces effets diminuent ou disparaissent avec le temps, surtout avec un bon dosage de la médication. Certains demeurent avec ces effets secondaires minimes à long terme, il faut alors juger de l'effet secondaire négatif en comparaison avec l'effet positif de la prise de médication.
Est-ce que c'est héréditaire ?
- Toutes les recherches actuelles tendent effectivement à démontrer que la capacité d'attention et d'autocontrôle est héréditaire.
- Un bilan synthèse de la recherche dans le domaine pour les trente dernières années, avec plus de 20 études dans plusieurs pays, montre que le pourcentage d'enfants ayants au moins un parent avec des symptômes similaires varie entre 60% et 96%, avec une moyenne de 75%.
Est-ce que le TDA/H dure toute la vie ?
- Par le passé, les spécialistes disaient que le TDA/H disparaissait avec l'adolescence. Depuis quelques années, on sait que ce n'est pas le cas.
- Un des aspects les plus marquants du TDA/H est l'impulsivité. Cette impulsivité semble demeurer chez la majorité des jeunes atteints d'un TDA/H.
- Les recherches actuelles parlent de chiffres très variables. Selon ces études, entre 5% et 80% des jeunes diagnostiqués avec un TDA/H seront des adultes TDA/H.
- La grande différence entre ces chiffres provient de la manière de mesurer ce qu'est la disparition du TDA/H. Pour certaines études, pour parler de TDA/H qui n'est plus présent, il ne faut retrouver aucun symptôme du TDA/H. Pour ces études, le pourcentage d'adulte TDA/H est élevé, jusqu'à 80%. Pour d'autres études, un adulte avec un TDA/H doit avoir 50% des symptômes. Et pour d'autres études encore l'adulte TDA/H doit avoir autant de symptômes que le jeune; pour ceux-ci, le pourcentage est plus bas.
- Pour résumer les études dans le domaine, on peut dire qu'environ 50% des jeunes diagnostiqués avec un TDA/H garderont des symptômes importants à l'âge adulte et que de ceux-ci un plus faible pourcentage encore auront assez de symptômes pour que cela nécessite encore la prise d'une médication.
Est-ce qu'on peut améliorer l'attention de notre enfant ?
- Encore ici, la réponse à cette question est multiple. Pour la grande majorité des enfants, des exercices ciblés et le développement de compétences peuvent améliorer l'attention. C'est d'ailleurs l'objectif des outils que vous offre Attentix. Cependant, chez certains autres enfants, surtout ceux atteints d'un TDA/H, le développement de compétences est plus difficile et souvent insuffisant pour combler les manques causés par le TDA/H.
- Dans tous les cas, le développement de compétences d'attention et d'autocontrôle aide à améliorer la situation mais cela peut suffire ou non selon les enfants. Chez les enfants atteints d'un TDA/H et prenant de la médication, le développement de compétences ne suffit souvent pas et ne remplace en rien la prise de médication. Les deux outils ensemble peuvent cependant donner un effet optimal.
- Il est aussi évident qu'un bon encadrement de l'enfant, de bonnes relations sociales et familiales ainsi qu'une bonne estime de soi, sont tous des facteurs qui viennent aider le jeune à démontrer une bonne attention.
Pourquoi y a-t-il plus de trouble d'attention de nos jours qu'avant, « dans notre temps » ?
- En fait, la réponse à cette question n'existe pas parce qu'il n'y en a fort probablement pas plus maintenant qu'avant.
- Comme tous les troubles psychologiques et physiques, le TDA/H est simplement mieux connu et les avancements de la science font que pour toutes les difficultés humaines, les diagnostics actuels sont plus précis et communs.
- On peut penser qu'avant, les jeunes vivant avec un TDA/H, existaient mais leurs difficultés les amenaient sur d'autres chemins : décrochage, difficultés scolaires, etc. Les noms des problèmes changent mais les réalités demeurent.
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